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Guide financier · Mise à jour octobre 2026

Toutes les aides financières pour financer une maison de retraite

Plusieurs dispositifs publics permettent de réduire le coût d'un EHPAD ou d'une résidence senior. Certains dépendent du niveau d'autonomie, d'autres des ressources ; la plupart sont cumulables. Voici comment ils fonctionnent et comment les demander.

Vue d'ensemble des aides

AideCe qu'elle financeConditions principalesOù la demander
APADépendance (établissement) ou plan d'aide (domicile)60 ans et plus, GIR 1 à 4Conseil départemental
ASHHébergement non couvert par les ressourcesRessources insuffisantes, établissement habilitéCCAS / Conseil départemental
APL / ALSUne partie du coût du logementSelon les ressourcesCAF ou MSA
Réduction d'impôt25 % des frais, 2 500 € max/anÊtre imposableDéclaration de revenus
Caisses de retraiteAides ponctuelles, séjours temporairesVariable (souvent GIR 5-6)Caisse de retraite
PCHCompensation du handicapHandicap survenu avant 60 ansMDPH

1. L'APA – Allocation personnalisée d'autonomie

L'APA est versée par le Conseil départemental aux personnes de 60 ans et plusen perte d'autonomie, classées en GIR 1 à 4selon la grille AGGIR. Elle n'est soumise à aucune condition de ressourcespour l'ouverture du droit, mais la participation financière laissée au bénéficiaire dépend de ses revenus. Elle n'est pas récupérable sur la succession.

L'APA à domicile

À domicile, une équipe médico-sociale du département évalue les besoins et propose un plan d'aide (aide à domicile, portage de repas, aménagement, accueil de jour, hébergement temporaire…). Ce plan est plafonné selon le GIR. Les plafonds ont été revalorisés de 1,71 % au 1er janvier 2026 :

Plafonds mensuels du plan d'aide APA à domicile (2026)
  • • GIR 1 : 2 080,33 €
  • • GIR 2 : 1 682,30 €
  • • GIR 3 : 1 215,99 €
  • • GIR 4 : 811,52 €

En dessous d'environ 933,89 € de revenus mensuels, aucune participation n'est demandée. Au-delà, une participation progressive s'applique.

Le détail des montants figure dans notre article APA 2026 : montants par GIR.

L'APA en établissement

En EHPAD, l'APA finance le tarif dépendance correspondant au GIR du résident, déduction faite de sa participation. Celle-ci est au minimum égale au tarif dépendance GIR 5-6 de l'établissement (le « ticket modérateur ») et peut être majorée pour les revenus les plus élevés. Dans de nombreux départements, l'APA est versée directement à l'établissement sous forme de dotation globale : le résident ne paie alors que le ticket modérateur.

À suivre :le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, envisage d'augmenter le reste à charge des bénéficiaires de l'APA à domicile. Ces mesures restent soumises au vote du Parlement. Voir notre analyse du PLFSS 2027.

2. L'ASH – Aide sociale à l'hébergement

Lorsque les ressources de la personne âgée ne suffisent pas à payer l'hébergement, le Conseil départemental peut prendre en charge la différence. Le résident reverse alors l'essentiel de ses revenus (90 %) à l'établissement et conserve un minimum mensuel pour ses dépenses personnelles.

  • Être âgé de 65 ans ou plus (ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail).
  • Résider dans un établissement habilité à l'aide sociale, pour la place concernée. Certaines exceptions existent après plusieurs années de séjour dans un établissement non habilité.
  • Les obligés alimentaires (enfants, et selon le département petits-enfants, gendres et belles-filles) sont sollicités pour participer selon leurs moyens.
  • Le département peut récupérer les sommes avancées sur la successiondu bénéficiaire, ainsi qu'en cas de retour à meilleure fortune ou de donation.
  • La demande se dépose au CCAS de la commune ou directement au Conseil départemental.

Les règles précises varient d'un département à l'autre (règlement départemental d'aide sociale). Pour approfondir, lisez notre article sur les conditions de l'ASH.

3. Les aides au logement : APL ou ALS

Un résident d'EHPAD peut percevoir une aide au logement versée par la CAF (ou la MSA pour le régime agricole). L'APLconcerne les établissements conventionnés avec l'État ; dans les autres, c'est l'allocation de logement sociale (ALS)qui s'applique. La chambre doit répondre à des conditions minimales de superficie et de confort. Le montant dépend des ressources et du loyer retenu ; il atteint souvent de l'ordre de 100 à 300 € par mois. La demande peut se faire en ligne sur le site de la CAF, avec une attestation de l'établissement.

4. L'avantage fiscal pour frais d'hébergement

Les dépenses de dépendance et d'hébergement en EHPAD ouvrent droit à une réduction d'impôt de 25 %, retenues dans la limite de 10 000 € par an et par personne hébergée, soit un avantage maximal de 2 500 €. Les aides perçues (APA, APL…) sont déduites de la base de calcul. Les frais de soins n'y entrent pas.

S'agissant d'une réduction (et non d'un crédit), elle ne bénéficie qu'aux personnes imposables. Sa transformation en crédit d'impôt, qui profiterait aussi aux résidents non imposables, a été débattue lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2026 : vérifiez la règle applicable à vos revenus dans notre article sur le crédit d'impôt pour frais d'hébergement.

5. Les aides des caisses de retraite

Au titre de leur action sociale, les caisses de retraite de base (Assurance retraite/CARSAT, MSA…) et complémentaires (Agirc-Arrco) proposent des aides ciblées : financement d'un séjour en hébergement temporaire, aide au retour à domicile après hospitalisation, aides ponctuelles en cas de difficulté. Elles visent surtout les personnes en GIR 5 et 6, non éligibles à l'APA. Les conditions et montants varient : renseignez-vous directement auprès de chaque caisse.

6. Mutuelles et contrats dépendance

Certaines complémentaires santé prévoient une prime ou une rente en cas d'entrée en établissement, ou des services d'assistance. Les contrats d'assurance dépendance souscrits plus tôt versent une rente selon le niveau de dépendance reconnu. Relisez les garanties : les définitions de la dépendance diffèrent souvent de la grille AGGIR.

7. Les enfants qui aident : déduction de pension alimentaire

Les enfants qui participent aux frais d'un parent, volontairement ou au titre de l'obligation alimentaire, peuvent déduire ces sommes de leur revenu imposable en tant que pension alimentaire, à condition que le parent soit dans le besoin et que les versements soient justifiés. Si un enfant règle directement l'EHPAD, il peut déduire la pension, mais le parent ne peut alors pas bénéficier de la réduction d'impôt pour ces mêmes dépenses. Le parent doit, de son côté, déclarer la pension reçue.

8. La PCH pour les personnes handicapées avant 60 ans

La prestation de compensation du handicap (PCH), attribuée par la MDPH, peut être conservée après 60 ans si le handicap est survenu avant cet âge. Elle n'est pas cumulable avec l'APA : la personne choisit la prestation la plus avantageuse. En établissement, la PCH est généralement réduite.

Comment calculer le reste à charge ?

Tarif hébergement
+ Tarif dépendance (GIR du résident)
+ Prestations annexes
– APA
– APL / ALS
– Aides des caisses, mutuelle
= Reste à charge mensuel
(puis réduction d'impôt l'année suivante, jusqu'à 2 500 €)

Pour connaître les tarifs d'un établissement, consultez sa fiche via notre moteur de recherche et notre guide sur le coût d'un EHPAD. Nos données proviennent de sources publiques, décrites dans notre méthodologie.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler l'APA, l'APL et la réduction d'impôt ?

Oui. L'APA, l'APL (ou l'ALS) et la réduction d'impôt sont cumulables. La réduction d'impôt est calculée sur les dépenses restant réellement à charge, une fois les aides déduites.

Faut-il des revenus faibles pour obtenir l'APA ?

Non. L'APA n'est pas soumise à condition de ressources : toute personne de 60 ans ou plus en GIR 1 à 4 y a droit. En revanche, la participation laissée à sa charge augmente avec ses revenus.

Les enfants doivent-ils obligatoirement payer ?

Uniquement dans le cadre de l'obligation alimentaire, lorsque le parent ne peut pas faire face à ses frais, notamment lors d'une demande d'ASH. La contribution est fixée selon les moyens de chacun, à l'amiable ou par le juge aux affaires familiales.

Où déposer les demandes ?

L'APA et l'ASH auprès du Conseil départemental (l'ASH souvent via le CCAS de la commune), l'APL ou l'ALS auprès de la CAF ou de la MSA, et la réduction d'impôt dans la déclaration de revenus annuelle.